L'analyse de Vigenère, découverte par un certain Babbages...

Le chiffre de Vigenère est une amélioration du chiffre de César.

C’est Charles Babbages au XIXème siècle, qui propose une méthode pour casser le chiffre de Vigenère ; peu de temps après, c’est l’allemand Friedrich Kasiski qui réussira à percer ce mystère. Ce dernier donnera même son nom à une partie de la cryptanalyse, le test de Kasiski (qui correspond au fait de trouver la longueur de la clé).

Cette attaque se divise en deux grandes étapes.

Dans un premier temps, il faut trouver la longueur de la clé qui a servi à coder le texte.

La cryptanalyse consiste donc à relever tous les groupements de lettres identiques dans le texte chiffré et de compter les intervalles entre ces groupements. Il faut ensuite trouver le facteur commun à tous ces intervalles et la longueur de la clé est trouvée.

La seconde étape consiste à trouver la nature de cette clé responsable du chiffrement. Pour cela, on divise le texte chiffré du nombre de lettres que compose la clé (nous appellerons l ce nombre de lettres pour faciliter l’explication) :

          - premier groupe : lettre 1 ; lettre l + 1 ; lettre 2l + 1 ; lettre 3l + 1 …

          - deuxième groupe : lettre 2 ; lettre l + 2 ; lettre 2l + 2 …

          - … et ainsi de suite pour les l groupes.

Il ne reste plus qu’à appliquer une analyse des fréquences à chaque groupe de lettre, de décaler l’alphabet pour que les diagrammes se superposent, et de prendre la première lettre, qui sera, en fonction du groupe, la première, la deuxième etc… lettre de la clé recherchée.

Etant en possession de cette clé, il suffit de prendre le tableau de Vigenère « à l’envers » et de reconstituer le message au préalablement codé.

Cette méthode n’est pas la seule pour venir à bout du chiffre de Vigenère. Il existe également la méthode de l’indice de coïncidence, élaborée au début du XXème siècle par William Friedman, certes plus complexe, mais qui n’en est pas moins plus efficace.

Pendant de nombreuses années, le chiffre de Vigenère est demeuré incompréhensible pour la plupart des casseurs, mais son énigme reste désormais un très lointain souvenir.

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